Qu'emporterions nous ?
Serions nous courageux, fuyards, fatalistes ?
Et si quelques uns d'entre nous survivaient, et étaient chargés de reconstruire le monde, que ferions nous ? Que construirions nous ? Si il ne restait qu'un seul survivant, pourrait il vivre sans autrui ? Seul dans son corps, seul dans sa tête, seul au monde dans sa souffrance, seul face à ses souvenirs...
Serions nous capable de supporter l'extermination de 6 milliards d'âmes ?
Vivre ou mourir, survivre ou embrasser la mort... Quand les portes du monde s'ouvriront sur le cataclysme de la renaissance, une fois qu'elles se refermeront seront nous capable de vivre en dehors du monde que nous critiquons tant ? En dehors de tout repères qui fondent nos êtres depuis l'ouverture de nos yeux sur la Terre... je suis persuadé que le monde dépeuplé serait alors trop petit pour un seul homme.
Comme Antigone, je veux tout, tout de suite, ou mourir... Incapable d'être dans la modération et la patience, je veux vivre au plus fort de mes expériences. Je veux ouvrir les valves de sensations que j'enferme depuis trop longtemps, qu'elles laissent échapper leurs puissances et arrachent d'un coup les barrières qui me sépare de la béatitude explosive.
Vivre comme si demain n'arriverait jamais, vivre avec les êtres comme si demain je me retrouvais seul sur Terre, aimer comme si c'était la dernière minute de ma vie où je pouvais tenir la chair humaine dans mes bras...
L'embrasser dans un volupté de vent doux qui entremêlerait nos cheveux, qui souderait nos corps pour n'en faire qu'un, rendant le baiser voluptueux, doux, lent... puis je me noierai dans son regard, touché par l'humidité de ses larmes s'écrasant sur mes joues. Ses lèvres se mettraient à bouger, lentement et sans voix il prononcera « Je t'aime » , pas celui qu'on dit après avoir fait l'amour, non, celui qu'on dit quand on est aveuglé par la lumière, celui qui, si puissant, tutoiera le vent des tempêtes dans ma tête. Puis le vent nous emportera et je toucherai les étoiles, je planerai au dessus des océans, j'enlacerai l'horizon dans un sentiment d'extase inimaginable pour un esprit seul.
Savoir pourquoi on se lève le matin, vivre pour l'humain et apostropher l'ignorance. Endosser son coeur, être là pour soi, se découvrir, et s'ouvrir aux autres. Parce que nous sommes tous filles et fils de cette Terre, parce que nos racines puisent les mêmes ressources, puisque tous nous ne sommes pas éternels. L'amour, la vie , c'est aussi simple qu'un sourire, la passion, un gros mot inventés par ceux qui trop peureux n'ont pas réussi à franchir le pas de la langue universelle et qui ont préféré enfermer le monde dans 7 lettres trop petites.
